Pour une stratégie de développement de l’économie bleue en guinée.
Country
Type of law
Policy
Abstract
Le présent rapport "Pour une stratégie de développement de l’économie bleue en guinée" est un document sectoriel de la Guinée à portée nationale qui part de l’état des ressources hydriques en Guinée et examine les filières de l’économie bleue qu'y se déploient déjà à travers. En effet, la notion d’économie bleue recouvre des activités qui ne sont pas toutes nouvelles dans le Pays: - Le secteur de la pêche induit directement et indirectement 12% de l’emploi, il est essentiel à la sécurité alimentaire et joue un rôle social de première importance y compris pour l’emploi féminin (activités post capture); - L’aquaculture se caractérise à la fois par son important potentiel et un poids économique relativement limité, ce qui justifierait un renforcement des moyens de l’Agence Nationale de l’Aquaculture de Guinée (ANAG) et le développement d’activités notamment en Haute et Moyenne Guinée; - Le transport par voie d’eau et les activités portuaires sont prometteurs pour l’économie bleue en Guinée, plus encore dans le contexte du changement climatique; promouvoir l’économie bleue passe par la valorisation prioritaire du Port Autonome de Conakry (PAC) en liaison avec son hinterland immédiat (port sec) et plus lointain (connexion ferroviaire avec les pays limitrophes enclavés). - Le tourisme « bleu » semble encore embryonnaire en Guinée, du moins par rapport à son potentiel; son développement parait dépendant de celui d’infrastructures d’accueil, de transport, voire d’une politique environnementale renforcée, obstacles difficiles à surmonter à court terme. - L’énergie hydraulique illustre tout l’enjeu de l’économie bleue en Guinée, avec un potentiel hydroélectrique considérable de 6000 MW.
L’idée est de proposer une stratégie de promotion de l’économie bleue, c’est créer une dynamique de développement durable à partir d’un potentiel hydrique sous-exploité. La stratégie proposée repose sur sept axes stratégiques.
Le premier axe consiste à assurer l’ancrage institutionnel du développement de l’économie bleue. Il s’agit de remédier au morcellement des responsabilités, d’assurer la cohérence des initiatives et de procéder le cas échéant à des arbitrages entre usages concurrents ou incompatibles des ressources hydriques. Il est préconisé de mettre en place une structure légère auprès de la Primature, appuyé par un comité et une plateforme technique faisant place à toutes les parties prenantes.
Le deuxième axe vise à assurer l’ancrage législatif de l’économie bleue, via l’adoption d’une législation sur la planification spatiale maritime pour allouer le domaine maritime aux différents usages possibles, d’une loi littorale qui permettrait d’établir une gestion intégrée des zones côtières conformément au Protocole dit de Pointe-Noire de la Convention d’Abidjan, signé mais non encore ratifié par la Guinée, et la mise en place d’un Conservatoire guinéen du littoral, organisme aux fonctions multiples de nature à permettre concertation , consensus, surveillance , acquisition.
Le troisième axe proposé a pour objet la dimension de l’économie bleue liée à la sûreté et à la sécurité. Les menaces et atteintes sont multiples et se matérialisent notamment par des pratiques de pêche illégales, la pollution de la mer et des autres ressources hydriques (d’origine urbaine, industrielle, agricole, minière), les accidents de navigation, la piraterie, le brigandage, voire les incertitudes sur les frontières maritimes. L’ancrage sécuritaire passe avant tout par le renforcement de l’autorité de la Préfecture Maritime, sous l’angle de ses moyens financiers, humains et en équipements, en particulier ceux de ses Bureaux côtiers récemment créés.
Le quatrième axe suggéré ambitionne de garantir la durabilité de l’économie bleue guinéenne. Le développement d'activités économiques liées aux richesses hydriques de la Guinée doit être combiné avec leur préservation, ce qui rend nécessaire de veiller au bon état écologique des eaux marines (six descripteurs sont proposés pour en assurer le suivi), puis d’étendre cette approche aux eaux continentales dans un second stade. Un autre aspect d’importance sera de mettre à jour la législation relative aux installations classées, souvent installées en zone littorale, en tenant compte des exigences des Conventions internationales de Bâle, Stockholm et Rotterdam. Une autre préconisation est de mettre en place un « plan mangrove », conforme là encore à un Protocole de la Convention d’Abidjan dit de Calabar que la Guinée a signé mais non encore ratifié.
Le cinquième axe de la stratégie consiste à identifier des priorités sectorielles émergentes (complétant le soutien à apporter aux secteurs traditionnels comme la pêche) qui pourraient jouer un rôle de locomotives guinéennes de l’économie bleue et qui justifieraient effort de formation et investissements, avec le soutien de bailleurs de fonds internationaux (par exemple pour les initiatives trouvant leur place dans la lutte contre le changement climatique). Développer la pisciculture en utilisant toute l’expertise de l’ANAG, promouvoir le stockage de carbone bleu (mangroves) , remplacer la saliculture ignigène et les importations massives de sel par un programme ambitieux de saliculture solaire, réinvestir le transport fluvial, lever les obstacles qui retardent la pleine utilisation de l’immense potentiel hydroélectrique ou poser les jalons d’un développement des technologies de l’information et des communications (câbles sous-marins), à l’image de l’expérience de Djibouti ou de l’Egypte, paraissent les activités les plus prometteuses.
Le sixième axe concerne les performances environnementales de l’outil portuaire du pays, qui comprend non seulement le Port Autonome de Conakry, mais ceux de Kamsar, Katougouma, Dapilon ou les ports en développement de Cap Verga, Benty ou sur le fleuve Fatala. Si le concept d’éco-port « à l’européenne » paraît difficilement accessible pour le PAC, les préconisations de l’étude seraient d’avancer en parallèle sur plusieurs fronts: − Établir une méthodologie rigoureuse pour la définition d’un label "light ecoport" présentant une crédibilité élevée, reconnue internationalement et auquel le PAC pourrait prétendre; − Promouvoir la durabilité du PAC sans attendre, à partir d’initiatives s’articulant autour d’un système de management intégré qualité, sécurité, environnement, une logistique performante et dématérialisée, et un aménagement optimisé des espaces; Envisager, après étude complémentaire, la labellisation Eco-port complète pour Kamsar et éventuellement d’autres ports guinéens.
Le septième axe souligne l’importance des renforcements de capacité et du développement du capital humain. Information et formation sont nécessaires pour jalonner le développement de l’économie bleue guinéenne et il est proposé d’identifier toutes les activités où le manque de capacités constitue un obstacle majeur à ses progrès. Cet axe inclut par ailleurs des propositions de renforcement des coopérations Université/industrie selon une approche programmatique qui regrouperait, sous une forme thématique, plusieurs filières aux problématiques comparables, et comparables en termes d’espace opérationnel: les transferts de technologie d’une part (pisciculture, saliculture, carbone bleu), les transferts de compétences d’autre part (hydroélectricité, transport fluvial, TIC marines).
Ces axes stratégiques constituent le cadre dans lequel 30 recommandations ont été formulées pour que l’économie bleue trouve toute sa place dans l’avenir de la République de Guinée. Validation politique et recherche de financements sont les étapes qui devraient ensuite permettre d’aller de l’avant.
L’idée est de proposer une stratégie de promotion de l’économie bleue, c’est créer une dynamique de développement durable à partir d’un potentiel hydrique sous-exploité. La stratégie proposée repose sur sept axes stratégiques.
Le premier axe consiste à assurer l’ancrage institutionnel du développement de l’économie bleue. Il s’agit de remédier au morcellement des responsabilités, d’assurer la cohérence des initiatives et de procéder le cas échéant à des arbitrages entre usages concurrents ou incompatibles des ressources hydriques. Il est préconisé de mettre en place une structure légère auprès de la Primature, appuyé par un comité et une plateforme technique faisant place à toutes les parties prenantes.
Le deuxième axe vise à assurer l’ancrage législatif de l’économie bleue, via l’adoption d’une législation sur la planification spatiale maritime pour allouer le domaine maritime aux différents usages possibles, d’une loi littorale qui permettrait d’établir une gestion intégrée des zones côtières conformément au Protocole dit de Pointe-Noire de la Convention d’Abidjan, signé mais non encore ratifié par la Guinée, et la mise en place d’un Conservatoire guinéen du littoral, organisme aux fonctions multiples de nature à permettre concertation , consensus, surveillance , acquisition.
Le troisième axe proposé a pour objet la dimension de l’économie bleue liée à la sûreté et à la sécurité. Les menaces et atteintes sont multiples et se matérialisent notamment par des pratiques de pêche illégales, la pollution de la mer et des autres ressources hydriques (d’origine urbaine, industrielle, agricole, minière), les accidents de navigation, la piraterie, le brigandage, voire les incertitudes sur les frontières maritimes. L’ancrage sécuritaire passe avant tout par le renforcement de l’autorité de la Préfecture Maritime, sous l’angle de ses moyens financiers, humains et en équipements, en particulier ceux de ses Bureaux côtiers récemment créés.
Le quatrième axe suggéré ambitionne de garantir la durabilité de l’économie bleue guinéenne. Le développement d'activités économiques liées aux richesses hydriques de la Guinée doit être combiné avec leur préservation, ce qui rend nécessaire de veiller au bon état écologique des eaux marines (six descripteurs sont proposés pour en assurer le suivi), puis d’étendre cette approche aux eaux continentales dans un second stade. Un autre aspect d’importance sera de mettre à jour la législation relative aux installations classées, souvent installées en zone littorale, en tenant compte des exigences des Conventions internationales de Bâle, Stockholm et Rotterdam. Une autre préconisation est de mettre en place un « plan mangrove », conforme là encore à un Protocole de la Convention d’Abidjan dit de Calabar que la Guinée a signé mais non encore ratifié.
Le cinquième axe de la stratégie consiste à identifier des priorités sectorielles émergentes (complétant le soutien à apporter aux secteurs traditionnels comme la pêche) qui pourraient jouer un rôle de locomotives guinéennes de l’économie bleue et qui justifieraient effort de formation et investissements, avec le soutien de bailleurs de fonds internationaux (par exemple pour les initiatives trouvant leur place dans la lutte contre le changement climatique). Développer la pisciculture en utilisant toute l’expertise de l’ANAG, promouvoir le stockage de carbone bleu (mangroves) , remplacer la saliculture ignigène et les importations massives de sel par un programme ambitieux de saliculture solaire, réinvestir le transport fluvial, lever les obstacles qui retardent la pleine utilisation de l’immense potentiel hydroélectrique ou poser les jalons d’un développement des technologies de l’information et des communications (câbles sous-marins), à l’image de l’expérience de Djibouti ou de l’Egypte, paraissent les activités les plus prometteuses.
Le sixième axe concerne les performances environnementales de l’outil portuaire du pays, qui comprend non seulement le Port Autonome de Conakry, mais ceux de Kamsar, Katougouma, Dapilon ou les ports en développement de Cap Verga, Benty ou sur le fleuve Fatala. Si le concept d’éco-port « à l’européenne » paraît difficilement accessible pour le PAC, les préconisations de l’étude seraient d’avancer en parallèle sur plusieurs fronts: − Établir une méthodologie rigoureuse pour la définition d’un label "light ecoport" présentant une crédibilité élevée, reconnue internationalement et auquel le PAC pourrait prétendre; − Promouvoir la durabilité du PAC sans attendre, à partir d’initiatives s’articulant autour d’un système de management intégré qualité, sécurité, environnement, une logistique performante et dématérialisée, et un aménagement optimisé des espaces; Envisager, après étude complémentaire, la labellisation Eco-port complète pour Kamsar et éventuellement d’autres ports guinéens.
Le septième axe souligne l’importance des renforcements de capacité et du développement du capital humain. Information et formation sont nécessaires pour jalonner le développement de l’économie bleue guinéenne et il est proposé d’identifier toutes les activités où le manque de capacités constitue un obstacle majeur à ses progrès. Cet axe inclut par ailleurs des propositions de renforcement des coopérations Université/industrie selon une approche programmatique qui regrouperait, sous une forme thématique, plusieurs filières aux problématiques comparables, et comparables en termes d’espace opérationnel: les transferts de technologie d’une part (pisciculture, saliculture, carbone bleu), les transferts de compétences d’autre part (hydroélectricité, transport fluvial, TIC marines).
Ces axes stratégiques constituent le cadre dans lequel 30 recommandations ont été formulées pour que l’économie bleue trouve toute sa place dans l’avenir de la République de Guinée. Validation politique et recherche de financements sont les étapes qui devraient ensuite permettre d’aller de l’avant.
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Date of text
Repealed
No
Source language
French
Legislation Amendment
No